Comment gérer les déficits fourragers de cet hiver et/ou de l'été prochain ?

Après des consommations de stocks dès cet été, poursuivis cet automne, beaucoup d’entre vous ont des bilans fourragers déficitaires pour cet hiver.

Certaines exploitations auront assez de maïs pour faire le tampon cet hiver mais auront des stocks insuffisants dès l’été prochain.

 

Dans tous les cas il faudra s’adapter et maintenir le potentiel de production de vos animaux (toujours favoriser les vaches laitières et vaches allaitantes suitées).

Plusieurs pistes sont possibles, plus ou moins faciles à mettre en place…

  •  Adapter les effectifs animaux (anticiper certaines réformes et vendre les animaux à la viande quand c’est possible)
  •  Acheter des aliments de remplacement des fourrages
  •  Adapter l’assolement 2018/2019 pour faire des stocks précoces au printemps 2019

 

   Des produits de substitution aux fourrages

Ceux qui remplacent directement des fourrages (jusqu’à 6-8 kg MS/VL/j.)

 

Pulpes de betteraves surpressées

Riche en énergie et sucre, utilisables en association aux rations classiques (maïs, herbe, foin…). Prenez contact avec les fournisseurs habituels pour vérifier la disponibilité :

Prix : + de 35 €/t brute (soit + 115-120 €/T de MS)   20-30% MS

 

Fibres de blé ou de maïs

Riches en énergie et cellulose digestible, sont utilisables comme les pulpes ci-dessus :

à 45-50 % de MS le prix tourne autour de 90 €/HT

Mash humides

Mélanges de matières premières à 45-50% de MS, il existe une gamme complète allant de 12 à 30 % de MAT.

à 12-16 % MAT remplace du maïs ou de l’ensilage d’herbe

à 26-30 % MAT en complément de ration maïs pour remplacer du fourrage et du correcteur azoté :

Prix à partir de 90 €/T brute pour 45-50 % MS

Des produits qui doivent être associés à de la paille ou de foin

Drèches de basseries, corn gluten feed, gluten feed de blé…

Sont des aliments riches en azote s’associent bien avec de la paille ou du foin pour des jeunes bêtes (2/3 paille/foin – 1/3 coproduit)

Prix proche de 80-90 €/T brute

 

Sous-produits de pomme de terre : pulpes, screening, purée…

Aliment riche en énergie, peu de cellulose, acidogène si utilisé en grande quantité. Toujours 2/3 paille/foin – 1/3 coproduit

Si on l’associe à de la paille, il faut prévoir 400 à 500 g de tx soja/colza pour être pleinement efficace (avec du foin le besoin en tourteau est faible à nul).

Aliments déshydratés en complément de foin ou paille

  •  Mélange fermier avec vos céréales (80% céréales et 20% tx soja/colza)
  •  Pulpes déshydratées de betteraves (180 à 200 €/T) bien avec du foin (à 2-3 kg/j pour des jeunes bêtes), si en complément de paille ajouter 100 g de tx soja/colza par kg de pulpes.
  •  Luzerne déshydratée 16-18% MAT ou corn gluten en granulé bien adapté en complément de paille ou foin moyen.

Prix 180 à 200 €/T

 

Les mash granulés du commerce

Souvent équivalents à un VL 16 ou 18 de MAT

Prix 220 à 250 €/T

 

Son de blé

Aliment riche en énergie et 15% MAT, se rapprocher des moulins pour connaitre la disponibilité

Prix : 150 à 180 €/T

 

   Adapter son assolement pour anticiper les stocks de fin de printemps et été 2019

 

Si vous consommez les maïs prévus pour l’été prochain en donnant aux jeunes bêtes, il faut prévoir de récolter plus de fourrages dès les mois de mai et juin pour combler le déficit fourrager de l’été prochain.

Méteil d’automne ou de printemps pour ensilage

  •   Triticale, avoine d’hiver, pois fourrager, vesce (100 kg, 40 kg, 30 kg, 20 kg)
  •   Ou au printemps orge de printemps, avoine de printemps, pois fourrager, vesce (70 kg, 40 kg, 30 kg, 20 kg)

Ensilage possible la première quinzaine de juin, avec un rendement de 6 à 9 T MS/ha (ensiler au stade laiteux-pâteux de la céréale pour maximiser le rendement en gardant une valeur alimentaire correcte : 0.8 à 0.85 UFL/kg MS et 12-13% MAT)

Peut être suivi d’un semis d’avoine + vesce récoltable en fin d’été ou bien d’une prairie temporaire

Engrais : 80 ud’N en mars-avril, 20 à 30 u d’N pour l’interculture

Mise en place au printemps d’une prairie temporaire pour 6 mois sous couvert d’avoine ou d’orge

Choisir des variétés de ray grass très productifs sur 6-8 mois, on peut l’associer à des trèfles violets

Soit 25 kg d’herbe + 80-90 kg d’avoine de printemps ou orge

  •   Ensilage compris majoritairement de la céréale en mai
  •   2ème et 3ème coupe pendant l’été composées du mélange prairial
  •   Semis d’une céréale à l’automne

 

Ensilage de céréales immatures + semis d’une interculture en dérobée

  •   Prévoir des variétés non barbues (effet irritant quand trop sec à la récolte)
  •   Pas de fongicides moins d’un mois avant ensilage
  •   Prévoir d’ensiler autour du 10-15 juin, attention en cas de fortes chaleurs, la céréale dessèche vite sur pied et devient difficile à conserver en silo.

Valeur alimentaire : 0.75 à 0.80 UFL 10-11 de MAT en fonction du stade de récolte

Rendement potentiel 8 à 10 TMS/ha

 

Semis de maïs après ensilage de prairies temporaires, méteil ou céréales immatures

  •   Choisir une variété très précoce (?180) et surtout avec bonne vigueur au démarrage
  •  La réussite dépendra de la date de semis, de la météo de l’année et du type de sol (préférer les parcelles avec sol profond et bonne réserve hydrique…)

 

Semer un seigle fourrager à l’automne puis une prairie en semi direct en mai après l’ensilage du seigle (début épiaison)

  •   Rendement du seigle 4-5 TMS/ha début mai
  •   Implantation en direct dans les « chaumes » aussitôt l’ensilage
  •   1ère coupe d’herbe possible dans l’été, la prairie est implantée efficacement pour l’année suivante.

  
   Adapter ses effectifs animaux

Essayez de voir avec vos acheteurs habituels s’il est possible d’anticiper certaines ventes de bœufs, génisses de + de 2 ans …, vaches vides,…

Dans les troupeaux laitiers, les réformes anticipées de vaches vides, à problème, doit s’envisager rapidement pour ne conserver que les animaux les plus efficaces tout en améliorant leur confort.

Les jeunes bêtes pourront être moins soignées cet hiver, elles bénéficieront de la croissance compensatrice au prochain pâturage.

 

Dans tous les cas les stocks sortie hiver seront encore très bas ou nuls, il faudra les reconstituer en 2019. Mettre un peu plus d’engrais pour les ensilages dès mars, en avril pour les foins.

 

  •   Semer un peu plus de maïs que le besoin « normal »
  •  Si le printemps est favorable il ne faudra pas hésiter à serrer plus les animaux pour faucher plus de surfaces (au moins 30% des fauches en mai pour bénéficier des repousses rapides)

 

Nos collègues de la région Pays de Loire travaillent depuis plusieurs années sur les problèmes de sécheresse très fréquents chez eux, ils considèrent que l’on doit se constituer un stock de « secours » de 300 à 500 kg de MS/UGB pour faire face aux aléas climatiques.

 

 

 

Les Equipes du Pôle Elevage Ardennes

Et des GDA



Accueil » Comment gérer les déficits fourragers de cet hiver et/ou de l'été prochain ?