AGRINIR : Analyser pour ajuster les rations

 

Le long printemps humide a rendu la récolte des fourrages difficile : cela a eu un impact sur leurs valeurs. Faire des analyses de fourrages est d’autant plus important pour cette campagne 2016. Avoir une valeur précise des fourrages permet de maitriser au maximum ses charges alimentaires et d’équilibrer les rations pour optimiser les productions.

 

L’action « Face à la crise » mise en place par votre coopérative vous a permis de faire des analyses de fourrages gratuites. Voici un exemple type d’économies possibles par rapport à l’écart des valeurs puis une synthèse des résultats.  

  

1 400 € d’économie réalisable grâce aux analyses de fourrages

Sur l’ensilage d’herbe, il y a 45 g de PDIN d’écart entre le ¼ inférieur et le ¼ supérieur. Si la ration comporte 4kg/MS d’ensilage d’herbe, cela représente :

45 g de PDIN x 4 kg de MS = 180 g de PDIN qu’il faudra corriger avec du colza à 215 €/T (au 17/01/2017), soit 728 g de tourteau de colza / vache / jour.

Pour une période de 180 jours, cela représente 132 kg de colza / VL, soit 28 €/VL. Sur un troupeau de 50 VL, une économie de 1 400 € (6,6 T de colza) est réalisable.

Par cet exemple, nous démontrons que la connaissance des valeurs des fourrages  permet de faire des économies, d’être plus précis, d’optimiser ses rations et surtout maitriser les charges alimentaires.

 

2016 : Des conditions climatiques difficiles

Cette année nous avons eu un printemps froid et humide sur une longue période, puis un été sec contrairement à l’année précédente. Les parcelles n’étaient pas forcément praticables, il y avait des risque de faire des ornières dans les parcs et les périodes de « beaux temps » étaient rares... Les fourrages ont alors été récoltés plus tard : fin juin-début juillet contre mai à mi-juin pour les années précédentes.

Certains éleveurs, victimes d’inondations, ont choisi de brûler l’herbe qui été sous l’eau pour permettre une nouvelle pousse. D’autres n’ont pas touché à l’herbe qui a été inondée. Celle-ci a alors pourrie puis de la « nouvelle » herbe a alors poussée. Suite à cela les éleveurs ont récoltés le regain avec des résidus d’herbe pourrie.

Ceci représente bien une année exceptionnelle et critique en termes de qualité des fourrages.

 
ENSILAGE DE MAÏS (tri sur la valeur UFL)   

Pour l’ensilage de maïs on se base principalement sur la valeur UFL. Comme on le remarque dans le tableau le maïs est assez homogène d’année en année en termes de valeur alimentaire. En 2016, entre le ¼ inférieur et ¼ supérieur, il y a 0,02UFL de différence.

 


FOIN (tri sur la valeur PDIN) 

 


Avec un printemps très humide, les récoltes en foin (1ere coupe) ont été retardées à fin juin-début juillet. Beaucoup d’éleveurs ont d’ailleurs fait le choix de faire, exceptionnellement cette année, de l’enrubannée. L’herbe a été récoltée à un stade bien avancé (stade épiaison). Nous avons des fourrages en quantité, cela impact directement la qualité : augmentation de la lignine dans l’herbe donc fourrages moins digestibles.  Les valeurs alimentaires sont toutes inférieures à l’année précédente. Par exemple, pour les ¼ inférieur il y a une variation de -17 g de PDIN, -11 g de PDIE et -8 de PDIA entre 2015 et 2016.

 
ENSILAGE D’HERBE (tri sur valeur PDIN) 



Il est en moyenne plus sec notamment pour le ¼ inférieur, on passe de 30 % à 40 %.  Concernant, les valeurs alimentaires, on remarque peu de variations d’une année sur l’autre. Cependant, par rapport à l’année 2016 il y a un écart de 45 g de PDIN entre le ¼ inférieur et le ¼ supérieur. Les fourrages sont alors plus hétérogènes en 2016 par rapport à 2015.

 

 ENRUBANNEE D’HERBE (tri sur valeur PDIN) 



Les enrubannages sont généralement plus sec par rapport à l’année dernière (principalement pour le ¼ inférieur et la moyenne des échantillons). Certains ont préféré enrubanner plutôt que faire du foin puisqu’ils se sont rendu compte que l’herbe n’allait pas sécher à cause de courtes périodes de  beau temps. L’herbe était trop humide pour du foin et plus sèche que pour un enrubanné habituel. De ce fait, certains enrubannés n’ont pas fermenté. L’ensilage d’herbe est aussi plus sec certainement pour les mêmes raisons. Les valeurs alimentaires moyennes sont quant à elles inférieures à l’année précédente. Pour le ¼ inférieur on remarque une variation de -0,12 UFL, -15 g de PDIN et -10 g de PDIE entre 2015 et 2016. Il faut noter pour 2016, l’écart entre le ¼ inférieur et le ¼ supérieur est de : 53 g de PDIN et 24 g de PDIE.    
    

ENSILAGE / ENRUBANNEE DE LUZERNE (tri sur la valeur PDIN)



Les analyses d’ensilage et d’enrubanné de luzerne ne sont pas représentatives. Sur les 9 échantillons on remarque une légère variation positive d’UFL, PDIE et PDIA par rapport à l’année 2015. Les fourrages sont aussi un peu plus secs : + 6 %.

Les années ne se ressemblent pas ce qui  impacte les valeurs fourragères.
Ce service : Agrinir, permet aux éleveurs de faire une analyse encore plus précise de leur système de rationnement, en passant par les valeurs alimentaires de leurs matières premières.

 

Rédaction et étude réalisé par Robine Muller, apprentie en Licence Professionnelle conseiller en élevage.

 Janvier 2017



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